La nouvelle offensive annoncée en avril et lancée en juin fait moins de bruit que la précédente, mais elle est néanmoins réelle. Toutefois, comme pour les scandales commis par des prêtres, le Pape souhaite purifier l'Eglise. Le Vatican affiche son intention de mettre de l'ordre dans ses finances et la gestion de son patrimoine. Le cardinal-archevêque de Naples, Crescienzo Sepe, fait l'objet d'une enquête pour corruption aggravée entre 2001 et 2006 lorsqu'il dirigeait la congrégation pour l'évangélisation des peuples. Cette congrégation gère les missions étrangères surtout en Afrique et Asie, et les revenus générés par le patrimoine immobilier du Vatican, estimé à 9 milliards d'euros.

Officiellement, le Saint-Siège lui a exprimé dimanche son "estime" et sa "solidarité" et a rappelé que la justice devait respecter le concordat (1929) excluant "toute ingérence de l'État italien dans le fonctionnement d'organes centraux de l'Église". Mais pour Sandro Magister, vaticaniste de l'hebdomadaire Espresso, "il y a clairement une volonté du pape Benoît XVI de faire le ménage" et au-delà des formules convenues, le Vatican "a montré une grande froideur à l'égard du cardinal Sepe". Un autre signal est venu, selon lui, de déclarations anonymes dans la presse provenant des hautes sphères vaticanes selon lesquelles "pour les cas d'illégalité, la responsabilité est personnelle et n'implique pas l'institution".

Ce n'est pas pour rien que le pape Benoît XVI a éloigné le Cardinal Sepe de Rome en 2006 et l'a remplacé par un cardinal indienl. Les magistrats soupçonnent le cardinal d'avoir vendu un immeuble à un tarif très inférieur au marché en 2004 au ministre Pietro Lunardi, alors chargé des infrastructures d'un gouvernement Berlusconi. En échange, Pietro Lunardi aurait octroyé des aides de 2,5 millions d'euros pour des travaux jamais vraiment réalisés.

Lu sur le blog "Le salon Beige" http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2010/06/finances-du-vatican-rome-veut-aussi-purifier.html