" Ma contribution à la journée du huit mars est, cette année, une dénonciation de l’église catholique de France qui joue double jeu en cautionnant la présentation d’une « liste chrétienne » anti avortement."

" Ennemie historique de ce que tous les progressistes nomment les «droits des femmes», l’église catholique en France, comme dans le reste de l’Europe, reprend ses bannières de combat sous l’impulsion du pape et des réseaux intégristes."

" Mais le 17 janvier 2010, la « marche pour la vie » des anti-avortement à Paris était soutenue par 24 évêques, dont le «primat des Gaules», le cardinal Barbarin, évêque de Lyon. Pour la première fois quinze mille personnes se retrouvées pour cette mauvaise action.../...Ce secteur de l’église est dorénavant présent dans les élections, ouvertement, après avoir longtemps marché à couvert du Front National. Et c’est ainsi qu’il y a donc une « Liste chrétienne » présentée pour les élections régionales en Ile de France. "

" Bien sûr on dira de ma charge contre l’église catholique qu’elle est excessive. Que l’église ne soutient pas cette liste. Et ainsi de suite. Donc nous pouvons reprendre à son endroit ce que nous avons entendu dans un passé récent à propos de l’Islam. Nous demandons aux catholiques modérés de condamner cette liste. De condamner le comportement criminel de ses animateurs. De réfuter leurs revendications. De condamner leurs allégations injurieuses contre la gauche. Ils vont le faire ? Ou bien ils vont regarder ailleurs en attendant que cette engeance malfaisante et haineuse ait progressé ? Qu’elle se soit installée dans le paysage politique suffisamment profondément pour peser sur lui ? Les ardents nouveaux laïques qui ont saturé l’espace de leurs clameurs contre les intrusions de l’islamisme dans la sphère publique vont-ils nous suivre lorsque nous prolongeons cette protestation à propos de l’église catholique ? Evidemment non. Et nous savons tous pourquoi. Parce qu’ils ne sont pas laïques mais partisans de la «laïcité positive» prônée par le pape Benoit XVI à l’instar de Nicolas Sarkozy et des proclamations de son discours de Latran. Leur projet est que les religions puissent être présentes dans l’espace public, chacune à la place que l’histoire et «l’identité nationale» leur donne. C’est le cœur de la théorie du « choc des civilisations » de Samuel Huntington. Resterait à négocier cette place. Et alors cette négociation changerait la nature des enjeux politiques. Elle structurerait le champ politique en reformatant toutes les questions qui s’y présentent. Mais pour que cela puisse commencer, il faut d’abord donner un ancrage solide à la question religieuse, une forme concrète, visible, porteuse d’une évidence. C’est le corps des femmes qui fournit aux religieux cet ancrage. Depuis toujours. Dans la mesure où il produit les enfants il pose la question de sa propriété. Est-il le bien de la personne ou celui de la société et donc des hommes qui dominent celle-ci ? Bref, l’individu a-t-il vocation à être totalement émancipé, c'est-à-dire totalement libre de la tutelle forcée d’autrui ou bien ses «devoirs» sont-ils le préalable de ses droits ? Tout le débat entre lumières et tradition est là. La journée de lutte pour les droits des femmes concentre cet enjeu. C’est une journée des lumières."

Au moins lui reconnait que la Marche pour la Vie a été un succès!!