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En 2012, quelques Français s’efforçant de comprendre le passé pour éclairer leur présent, ont fêté dans un silence médiatique exceptionnel, le 800e anniversaire de la naissance d’une jeune fille brûlée vive, dans la fleur de l’âge, à Rouen, en l’an de grâce 1431.
Une année à peine est passée et alors que qu’arrive le deuxième dimanche de mai, jour que la République a décidé de dédier à l’« héroïne nationale » depuis 1920, par une loi votée à l’unanimité, un printemps français s’annonce, après un hiver rigoureux, qui éveille la France, la douce France.
Des prophéties sur le retour de Jeanne seraient-elles en train de s’accomplir sous nos yeux ?
Constatons que le combat s’est engagé, qu’il s’accélère et que de nombreux jeunes notamment s’engagent et découvrent, pour une part, les vertus propres au combat temporel. L’Eglise a très nettement choisi son camp et des pasteurs se tiennent en tête et tiennent tête. Ce qui étonne, ce n’est pas qu’une jeune fille ait pris la tête d’une armée pour délivrer Orléans, c’est qu’aujourd’hui la douceur évangélique se diffuse encore et apparaît et se dresse comme un rempart. Et la force et les forces de l’ordre se trouvent désamparées et désarmées. L’ordre que l’on croyait d’airain se fissure.
L’avenir ne nous appartient pas certes, mais notre détermination présente, notre résolution de l’instant nous sert de cuirasse et de bouclier. Notre victoire est là, dans notre foi, dans notre certitude, dans le don de la grâce de résister, dans la grâce de notre conversion. Nous attendons tout de Dieu. Et particulièrement nous attendons la victoire, de Notre Dame, de celle qui est « pulchra ut luna, electa ut sol, terribilis ut castrorum acies ordinata ». Pour autant faut-il rester les bras croisés ? Oui les bras croisés, croisés les uns aux autres, enchevêtrés, dans une proximité qui soude la fraternité d’armes.
Mais pas les bras croisés à attendre béatement une issue favorable ou les bras levés en vociférant des paroles haineuses.
Jeanne obéissante à ses voix, n’a pas combattu pour défendre les dogmes de l’Eglise. Non elle a pris les armes. Elle a pris, à pleines mains, l’épée que Baudricourt lui remit avant de chevaucher vers Chinon.
Jeanne a mené un combat temporel, pour défendre une vérité d’ordre naturel à savoir, la paix entre les nations fondée sur la justice. Elle a rétabli la loi naturelle de notre pays par un sacre officiel à Reims, balayant ainsi les prétentions de l’Etranger sur le royaume de France.
Pourtant le 30 mai 1431, sur le bûcher de Rouen, la vie de Jeanne s’est éteinte. Où donc est sa victoire ? Pas ce jour-là, sur la place du vieux marché, peut-être, mais assurément avant, au cours de son procès, grâce à ses répliques inspirées et tranchantes comme des glaives, quand les Anglais pour faire invalider le sacre de Charles VII prétextèrent une prétendue sorcellerieet, n’y parvinrent qu’en apparance.
Vous, qui veillez sur la France, on dira de vous que vous êtes des sorciers, des extrémistes. On l’a dit de Jeanne. Et des Jeanne en France se lèvent et s’agenouillent. On n’attend plus que des Baudricourt pour armer les mains des jeunes. On n’attend plus que la victoire dont nous savons qu’elle est certaine, car nous en connaissons le nom, ce nom qui est au-dessus de tout nom.